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Au coeur de la Chine grondent en choeur soumission et révolution...

Il existe une ville perdue au cœur de la Chine, étrangement isolée, bizarrement localisée. Sans murailles ni clôtures, elle se fait pourtant prison et les griffes invisibles de la cité perdue se referment sur vous sans que vous ne vous en rendiez compte. Les animaux d’ici prennent forme humaine. Ils se font serviteurs dociles, esclaves coquins pour votre bon plaisir. Pourtant, la cité montre bien vite son vrai visage et le vent de rébellion gronde et s’élève, révolte écrasante qui s’annonce doucement dans les ombres… Lire la suite du contexte...

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 Dandelion

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Messages : 15
Date d'inscription : 30/04/2015

~((((((((((っ・ω・)っ
PET: Ours polaire
MASTER: Libre
TA VIE:

Dandelion
High Class
Dim 3 Mai - 2:28
JE M'APPELLE DANDELION

Âge & Date de naissance36 ans, 8 décembre Provenance extérieure ?No. Quel pays ?Chine Humain ou animal ?Animal Animal ? Ok mais quelle raceOurs polaire GroupeFree Statut socialMisérable ? Plutôt seme, uke ou ambivalent ?Poulet-patate


Dans le miroirDandelion est marqué par les années et sa vie de rebelle. Son regard clair et azuré ne reflète plus la moindre innocence. Celui qui fut un jour un jeune ourson joyeux ne sourit plus beaucoup, à présent. Les traits vifs et anguleux de son visage ajoutent alors à son impassibilité une certaine sévérité. Au premier regard, on pourrait dire de lui qu’il ne semble pas très affable. Une longue cicatrice part de son front, traverse son œil gauche et s’arrête sur le haut de sa joue, le privant d’une partie de sa vision. L’ours a fini par se faire à sa blessure même s’il la dissimule parfois sous un bandage ou un cache-œil, sachant qu’une telle balafre inspire rarement confiance. Ce n’est pas la seule de ses cicatrices ; il en a toute une multitude sur la surface de son corps, mais les plus importantes sont deux grosses entailles sur son flanc droit, barrant sa hanche de blessures indélébiles.

C’est vrai ; en le voyant, on pourrait dire qu’il est du genre bagarreur. Dandelion est un gros gabarit, une armoire à glace de près de deux mètres pour plus de quatre-vingt-dix kilos. Un véritable char d’assaut, sec et musculeux, aux mains imposantes et à la carrure fière. Parfois, sa seule présence suffit à inspirer le respect, et pourtant, Dandelion est une force tranquille, un ours puissant mais calme et au visage indifférent. Il se contente simplement de passer, de bailler en passant la main dans ses cheveux clairs et en bataille. Sa chevelure est d’ailleurs toujours toute douce et soyeuse, ce qui tranche étrangement avec son apparence brute et grossière. Il n’a pas vraiment les moyens de faire la fine bouche en matière vestimentaire : Dandelion porte ce qu’il trouve et se soucie bien peu de son apparence. Un peu négligé, il s’assure simplement d’être toujours propre. Pour le reste, vêtements troués, tachés et abîmés sont son quotidien.

Notre ours manque ostensiblement de finesse et de tact. Il est un peu brut dans sa démarche, trop franc. Il a cette sauvagerie propre aux animaux, qui ressort même sous sa forme humaine. Dandelion est quelqu’un d’entier, qui n’a jamais appris à se tenir en société, ayant plutôt été dressé pour chasser et tuer. Son comportement frôle souvent la bizarrerie quand il agit comme un ours malgré ses traits humains. Pendant toutes ses années de vie d’animal sauvage et rebelle, la frontière entre forme humaine et forme animale est devenue très floue pour lui. Il passe pourtant plus de temps sous forme humaine ; question de praticité : un ours blanc dans la forêt, ça manque un peu de discrétion.

Sous sa forme animale, Dandelion est un ours polaire de près de trois mètres de haut lorsqu’il est perché sur ses pattes arrières. Le museau fuselé, le corps imposant, il a une épaisse fourrure blanche et de petites oreilles arrondies. Dandelion est loin d’être un poids plume. Avec plus d’une demi-tonne au compteur, il peut se vanter de son gabarit impressionnant. Sa masse importante ne l’empêche pourtant pas d’être véloce sur terre : il bat aisément un humain à la course, sur ses pattes puissantes et épaisses. Son odorat est remarquablement aiguisé et il peut flairer ses proies et ses ennemis à des distances conséquentes. Il vaut mieux éviter de se fier à son apparence de peluche géante. Dans sa gueule se cachent des crocs acérés et sur ses pattes poussent des griffes toutes aussi dangereuses.
Derrière le masqueDandelion, avant, était un gentil garçon. Un ours d’une docilité exemplaire et d’une fidélité sans borne. Il avait voué sa vie aux A.S.A. qu’il servait aveuglément. Et puis Dandelion a ouvert les yeux, et Dandelion a changé. Il est d’une détermination sans fin. C’est son entêtement qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Dandelion n’abandonne jamais et tient bon face à l’adversité. Têtu, ça oui, il l’est ; peut-être même un peu trop. Chez lui, c’est autant une qualité qu’un défaut.

Dandelion est quelqu’un d’entier, de brut et de grossier ; presque rudimentaire. Peu habitué à la vie en société, il est plutôt usé à la violence et la brutalité. Les combats ne le font pas sourciller, pas plus que les blessures ou les coups. Ayant plongé depuis son enfance dans un monde fait d’hostilité et de sévices, il semble avoir forgé une certaine résistance à tout cela. Il en a développé une certaine franchise, une sincérité fait d’une simplicité désarmante et d’une ignorance des bonnes mœurs qu’il doit à son éducation militaire. Parfois, il blesse sans le vouloir, par ses actions trop brutales, ses paroles trop crues. Pourtant, il n’a souvent aucune intention de faire du mal.

La plupart du temps, l’ours est plutôt calme et tranquille, impassible et silencieux. Des années de violence l’ont poussé à s’assagir. Pourtant, lorsqu’il se met en colère, il devient effrayant. Il laisse tout sortir, devenant violent et presque intenable. Parfois, il ne se contrôle même plus, aveuglé par la rage, ayant été dressé pour agir comme une machine de guerre, une arme destinée à éliminer les rebelles. Il lui faut souvent du temps pour retrouver son calme et peu de gens parviennent à l’apaiser. Conscient de son manque de contrôle, Dandelion tend parfois à s’isoler. Il sait qu’il a fait beaucoup de mauvaises choses dans sa vie, et surtout, qu’il a causé beaucoup de mal. Des fois, les souvenirs le hantent et l’empêchent de dormir, l’obsédant, le poursuivant jusque dans ses rêves.

Dandelion a gardé de son ancienne vie sa solide fidélité. Lorsqu’il se dévoue à une cause, il ne le fait jamais à moitié. Il a du mal à se lier aux autres mais ses rares amis peuvent toujours compter sur lui. Protecteur et attentif, il ne laisse personne faire du mal à ceux auxquels il tient. Poursuivi par son passé, l’ours garde de mauvaises habitudes de son dressage, réagissant quelquefois trop radicalement, ou se montrant parfois excessivement brutal. Envers les humains, il reste farouche et méfiant. Face aux A.S.A., son impétuosité s’exprime sans détours : il se montre violent, hostile et sauvage, conservant une certaine aversion pour ceux lui ayant arraché sa famille, ses amis et sa liberté avant d’en faire un combattant.

Dandelion est fier et évite la plupart du temps d’exposer ce qu’il ressent. Extrêmement pudique vis-à-vis de ses sentiments, il ne pleurera jamais face à quelqu’un. Il trouve toujours un moyen quelconque pour dissimuler tout cela – la plupart du temps, assez maladroitement. Quoi qu’il en soit, Dandelion reste un ours plein d’espoir, continuant de nourrir le rêve fou de renverser un jour la domination humaine.
Autobiographie
8 ans

Les hommes en noir ont débarqué sans prévenir. Un vent de panique a soulevé la foule. Il faisait nuit et le chaos s’est abattu sur la troupe. La meute s’est précipitée vers l’est et des coups de feu ont retenti. Il y avait plein de gens, autour. Tout le monde criait et pleurait. Les gens en noir nous encerclaient, vêtus de leur uniforme impeccable surmonté de l’insigne des ASA. Ils disaient que nous l'avions mérité. Ils disaient que nous étions fautifs, et qu'on paierait. Ils disaient que nous n'avions qu’à ne pas être ces parias, ces rebelles. J'ai cherché mon père, dans la panique, tout le monde s’était dispersé. Des grognements gutturaux, des hurlements, des aboiements et des glapissements résonnaient dans la nuit épaisse. Les hommes en noir se sont énervés, et ils ont crié pour dire aux gens de se taire. J'ai eu peur, j'ai crié aussi. Je voulais mon père. Je l’ai aperçu à quelques mètres et j’ai tenté de le rejoindre. J’ai senti quelque chose me piquer l’épaule alors que je cherchais à échapper à l’un des agents. J’ai grogné, cherché à mordre l’humain qui s’approchait de moi. Tout est devenu flou. J’ai senti une matraque s’abattre sur le coin de mon museau. Le monde s’est mis à tourner, le sol est passé au-dessus de ma tête et tout est devenu noir.

***

Ils disent que je ne suis pas assez fort pour survivre. Ils me regardent tous, je le sais. Je le sens. Mais je garde les yeux fermés; j'ai trop peur. J'entends du bruit, à ma gauche. Je reste immobile, et je bloque ma respiration. Ma fourrure a disparu, je sens le vent souffler sur ma peau nue. Je me réveille péniblement et j’ai l’impression que ce qui vient de se passer n'était qu'un rêve. Mais je me souviens, les hommes en noir, mon père, les cris, la meute qui hurle, la panique. Le sol est humide et mou. L’herbe me chatouille le visage. J'ai mal. Partout. Ma tête. Mon corps. Mon cœur. Celui-là bouge, dit un homme. C'est moi qui bouge. Ma main va se poser sur mon sourcil droit, je sens la plaie brûlante et poisseuse sous mes doigts. J'ouvre les yeux, tout est flou. Ça bouge, j'ai le tournis. Les hommes en noir s'approchent. Non. J'ai peur ! Papa ! J'essaye de l'appeler, mais mes lèvres ne veulent pas bouger. Je bave. Ça coule sur les côtés. Ma langue est comme endormie.

« Celui-là a survécu. », Dit un des hommes en noir. « Nous le garderons. »

Ma tête retombe sur le côté. Je vois d’autres animaux. Là-bas, c'est un petit loup de mon âge qui faisait lui aussi partie de la meute des rebelles. Il a les yeux fermés et il ne bouge plus. Il ne s'est pas réveillé. Ah. Les hommes en noir ramassent les corps et les entassent. Je les regarde faire, je ne peux rien faire d'autre. Ils me relèvent, mais mes jambes ne veulent pas me tenir debout. Une douleur sourde cogne derrière mon sourcil droit. Le sol glisse sous mes pieds. Les mains de pierre des hommes en noir me redressent et m'obligent à marcher. On va vers un véhicule à l’orée du bois. Je marche sur quelqu'un sans faire exprès. Je vois d'autres enfants qui titubent aussi vers le camion. Ah. Je ne suis pas seul. Et mon père ? Papa ! Je ne peux toujours pas parler. Le sang continue de couler sur ma joue, ça me gratte. On essuie ma plaie et on me met une couverture sur le dos. C'est toujours la nuit. Combien de temps j'ai dormi ?

« C'est bon, emmenez-les. »

On nous a mis dans un camion. Je m'affaisse dans un coin, un homme en noir nous surveille. Le véhicule tourne et roule. Ma tête tourne aussi. Je pose une main sur mon ventre et je vomis. Les autres enfants ne disent rien, ils ont l'air aussi malade que moi. Je referme les yeux. Je ne veux plus voir rien ni personne.

La porte du véhicule s'ouvre dans un grand fracas. Un homme en noir m'attrape par le bras et me tire violemment. Je m'envole presque, il a trop de force. Je ne sais pas où ils nous emmènent. Je ne sais pas pourquoi. J'aimerais demander, mais ma bouche ne répond toujours pas. Je me mords la langue, et je sens un léger picotement. Ma tête tourne un peu moins. Les enfants sont tous en rang, on est très peu. Un, deux, trois... En me comptant, nous sommes quatre. Les autres sont restés en tas dans la forêt. Moi, j'aurais bien aimé que mon copain loup soit avec nous. Mais lui aussi, il est dans le tas. Peut-être que quand il se réveillera, ils l'amèneront ici. On avance vers un grand bâtiment. Je trébuche dans le noir. Mes jambes ne m’écoutent pas, mes oreilles sifflent. Les mains glacées des hommes en noir continuent de me tenir debout. J'ai mal. Leur poigne de fer me laisse des bleus sur la peau. On nous amène dans une cellule bardée de barreaux. Les hommes en noir disent qu'on doit être sages. Ils disent qu'on doit dormir. Qu'ils viendront nous chercher demain matin. Mes pieds traînent sur le sol froid. J'ai mal, je suis fatigué, je veux mon père. Ah, ma bouche finit par bien vouloir bouger. Je dis papa. L'homme en noir me demande de me taire.

***

Quand c'est le jour, le lendemain matin, un homme en noir allume la lumière. Les néons grésillent et nous éblouissent. On se redresse, confus, sonnés. Les hommes en noir de la nuit ont laissé leur place aux hommes en noir du jour. Même uniformes. Têtes différentes. Dans la cellule, il n'y a pas de fenêtres. Juste des lits – des matelas alignés tout le long de la pièce. Les hommes en noir nous emmènent dans les couloirs, puis on va dans une grande salle carrelée. On nous pousse au milieu de la pièce et on nous arrose avec des grands jets d'eau. C'est froid, c'est glacé. Il y a des enfants qui pleurent. D’autres qui se mettent à glapir et grogner, mais on nous dit de garder forme humaine. Ceux qui se transforment se font frapper. Je fais bien attention de ne pas me changer en animal. Une fois qu'on est lavés, les hommes en noirs nous donnent des serviettes. D'autres hommes nous examinent. Il y en a un qui me tient fort le menton pour regarder ma tempe droite.

« Celui-là est un peu abîmé. On le garde quand même ?, il demande aux autres.
- Oui, il a survécu à la drogue. Il reste un bon élément. Après le dressage, on pourra en faire de bons outils de travail, répond un homme en noir.
- Il est où mon papa ? », je dis.

Personne ne me répond. On met une crème bizarre sur mes blessures, et j'ai moins mal. On nous donne des vêtements propres. Ils nous emmènent dans une autre salle et ils disent qu'ils vont tout nous expliquer. On hoche tous la tête bêtement. Les humains nous expliquent que nos parents étaient des méchants, alors ils devaient tous être punis. Ils nous disent aussi que pour nous faire pardonner, on va devoir travailler dur. Travailler dur comme à l'usine ?, je demande. Un agent répond que non. Encore plus dur. On doit être très obéissants sinon on sera punis comme nos parents. Personne ne demande comment ont été punis nos parents. Je pense à papa. Alors je finis par demander, m’inquiéter de savoir où il est et quand je le reverrais. Les agents ne répondent pas. Ils sourient. Je ne comprends pas.

« Si je suis sage, je reverrai papa ?
- Tu ne le reverras pas. Tu n'en as plus besoin. »

J'ai envie de protester, mais un des enfants, celui qui est le plus grand, m'en empêche. Après, on nous installe en ligne. Les agents disent qu'on doit oublier qui a été, ce pour quoi on se battait, ce pour quoi nos parents se battaient. Ils nous donnent à chacun un nom, comme ça, on oubliera le passé et on se concentrera sur l'avenir. Moi je suis Dandelion. Je réponds que je ne m'appelle pas comme ça. On me dit que je dois oublier mon nom, et qu'à partir de maintenant, je dois être Dandelion. Quand on a tous notre nouveau nom, on nous dit que maintenant, on leur doit obéissance et servitude, si on veut rester en vie. Moi je pense à papa.

***

Quand la matraque s’abat sur le coin de mon museau, je me mets à grogner. L’humain évite mon coup de pattes et je voir le taser s’approcher de mes côtes. Trop tard pour esquiver. Mes muscles se contractent soudainement, le coup me foudroie. Ça fait mal. Très mal. Je tombe, mon corps secoué de soubresauts. Ils me sautent dessus, me plaquent au sol. Je me débats ! L’aiguille transperce ma peau et vient se loger dans le cartilage de mon oreille. La douleur est puissante, brutale. Les coups pleuvent pour me calmer. Ils m’abandonnent sur le sol. Un sifflement suraigu me perce les tympans, je n’entends plus rien. Je respire bruyamment, mon corps lourd gisant sur le sol. Les hommes se redressent, passent au suivant. Je n’ai pas trop compris ce que c’était. Un puce, ai-je entendu, mais je ne comprends pas. Je refuse de me lever. Ils agrippent la fourrure de mon cou et me tirent jusqu’à la cellule où nous restons enfermés toute la journée. Ils me jettent là, se frottent les mains. Mes amis et moi, on se blottit dans un coin, certains plus amochés que d’autres. On ne voulait pas de cette piqûre. On s’est défendus comme on pouvait.

« Fichtrement pugnace, l’ourson. Une fois dressé, on pourra en faire un sacré combattant. », dit un des agents à ses collègues en refermant la porte de la cellule. « Ça deviendra un gros gabarit. »

C’est sur cette promesse qu’ils nous laissent là, retournant vaquer à leurs occupations. Les odeurs du bâtiment parviennent à ma truffe. Des humains. Des animaux. De la nourriture, des odeurs plus âcres, plus acides. Ça change de la forêt. Ça fait trois jours qu’on est là. Je crois. Il n’y a pas de fenêtres. Je ne vois pas le jour se lever ou se coucher, c’est dur de se rendre compte du temps qu’il passe. D’un coup, tout le monde se redresse. Une odeur nous affole les sens. Un agent arrive avec de la viande ; notre repas quotidien. Il y en a très peu. Et j’ai très faim. Je suis le plus jeune mais je suis presque aussi gros que les autres. Je défends mon bout de gras comme je peux. Nous étions amis. Nous le sommes toujours, je pense. Cela, en tout cas, ne m’empêche pas de montrer les crocs pour me remplir l’estomac.

***

La faim nous rend féroces et sauvage. L’amitié n’a plus lieu d’être dans un endroit pareil, dans de telles conditions. Les portions s’amaigrissent, tout comme nous. Le partage, qui était une évidence à nos débuts dans cette cellule, semble ne plus être envisagé. Quand l’agent arrive avec le plat de viande fraîche, tout le monde se tend, aux affûts. Deux semaines écoulées. Il n’est plus question de laisser les autres obtenir leur part. La viande est jetée dans la cellule, en pâture aux bêtes sauvages que nous sommes. Je grogne fort et les autres grognent aussi ; mais je n’ai pas peur. La faim est plus forte. La colère, la haine, la confusion, la fatigue, l’épuisement, l’incompréhension, la peur, tout. Tout prend le dessus. Plus rien n’a de sens. Et puis cette viande. La faim. Le sang. Ma patte s’abat sur la mâchoire de mon camarade. Un craquement sinistre résonne dans la cellule. Je hurle. Tout le monde hurle. Tout le monde se bat.

Mais c’est moi qui gagne.

10 ans

« Dandelion ! »

Je plie les genoux pour me donner de l’élan et je me jette en avant dans une course folle. J’élance mes bras devant moi et je bondis vers le sol. Au moment-même où mes mains touchent la terre, ce sont mes griffes qui s’enfonce dans le sol et qui me permettent de tirer sur mes muscles pour continuer ma course. Mes vêtements volent en lambeaux. Mes dents deviennent crocs et j’agrippe de ma mâchoire le bras molletonné de protection de l’agent. Je tire de toutes les forces et l’homme bascule à terre.

« Dandelion ! »

Encore mon nom. C’est le signal pour s’arrêter. Je relâche le bras. La protection matelassée est déchirée, laissant échapper sa mousse cotonneuse. L’agent semble surpris par la force avec laquelle je l’ai mis à terre. Il semble bien trop s’arrêter à mon apparence humaine. Dans la nature, même à mon âge, il faut savoir se défendre. La nature…. Ça fait bien longtemps qu’elle n’est plus ma maison. J’ai arrêté de compter les jours. Puis j’ai arrêté de compter les mois. Maintenant, je songe à arrêter de compter les années. Les agents se rapprochent, aident leur collègue à se relever et se débarrasser de sa combinaison de protection. Je me redresse en reprenant forme humaine, les bras croisés sur mon torse nu. On passe beaucoup de temps à s’entraîner. Ce sont les seuls instants où je sors. Ils appellent ça le ‘dressage’. Je dois attaquer. Je dois obéir. Je ne comprends pas trop pourquoi, mais de toute façon, je n’ai pas le choix. Respecter les ordres ou le payer cher. Sur mon dos, mes côtes, quelques bleus violacées tachent ma peau claire. Le moindre relâchement n’est pas permis. En présence des agents, je dois rester constamment sur le qui-vive. La pression permanente est une véritable épreuve mais je dois tenir bon.

***

La semaine dernière, Taki a été emmené et il n’est pas revenu. Quand j’ai demandé pourquoi, on m’a frappé si fort que mes oreilles ont sifflé pendant plusieurs minutes. Il ne reste plus que moi et Hsin. Les deux autres… Les deux autres sont morts. Les agents ont dit que les faibles mouraient et que les forts survivaient. J’ai deviné qu’il valait mieux faire partie des forts.

12 ans

Quelques cris fusent autour de moi mais je ne les écoute pas. Mon corps lourd se balance de gauche à droite tandis que je tourne en rond au milieu de la foule. En face de moi, mon adversaire m’imite. Hsin est une panthère noire de deux ans mon aîné. Hsin est grand et fort, mais moi aussi. Ça fait des années que les ASA nous entraînent, et mon corps s’est endurci. Et puis surtout, j’ai compris : les faibles meurent, les forts survivent. C’est la règle d’or, la loi ultime. On nous l’a répété sans cesse, encore et encore, inlassablement. Les faibles meurent, les forts survivent. Se battre pour de la nourriture, oublier qu’on est amis, terrasser son adversaire. Les faibles meurent, les forts survivent. Ne jamais cesser de progresser, ne pas se laisser distraire par ses émotions, ignorer la douleur. Les faibles meurent, les forts survivent. Le premier hurlement est déchirant, il file dans l’air ; un grognement grinçant, un rugissement sourd et caverneux. Je vois le corps de Hsin se déplier, les muscles roulent sous sa peau, ses griffes ripent sur le sol et creusent des sillons profonds dans la terre de la cour d’entraînement. L’espace de quelques secondes, je frémis et inconsciemment, j’esquisse un pas en arrière.

Hsin est mon ami depuis plusieurs années. Je dis ‘ami’ car il est arrivé en même temps que moi et nous avons grandi ensemble. Mais ‘ami’ est juste un mot, car je lui rends son rugissement et je me lève sur mes pattes arrières avant de frapper violemment le sol en retombant en avant. Autour de nous, les agents se réjouissent du spectacle qui les attend. Ils nous élèvent depuis un moment maintenant. Dès un jeune âge, nous avons été habitués à leurs ordres, à leurs coups, à leurs leçons. J’imagine que ça doit les amuser de vérifier qui de nous deux a le mieux réussi à s’adapter. Le sang pulse dans mes veines à une vitesse folle. Je sens l’odeur de l’excitation, de la peur et de la colère. Hsin me regarde et je le regarde, tandis que nous continuons à nous jauger et nous intimider l’un et l’autre. Hsin a un pelage tout noir. J’ai un pelage tout blanc. Je profite de ce moment incongru pour faire cette observation. Puis, brusquement, une nouvelle pensée me frappe, une pensée qui ne me quitte jamais, qui revient toujours : Les faibles meurent, les forts survivent. Nous nous élançons l’un vers l’autre.

Je ne veux pas être un faible.

14 ans


Je sens la peur qui parcourt leur corps malingre. Ils tremblent comme des feuilles mortes, misérablement recroquevillés dans le coin de la pièce. Je suis debout à quelques mètres, avec un des agents qui a organisé la chasse. Il y a un bouc et un renard. C’est une drôle de paire. Ils ne doivent pas être beaucoup plus âgés que moi, quelques années de plus, la vingtaine, je dirais. Leurs amis ont réussi à fuir, mais nous sommes parvenus à attraper ces deux-là – j’y suis parvenu, moi, c’est mon trophée, ma fierté, ce sont mes proies. Je bombe le torse avec suffisance. On me récompensera sûrement pour avoir pu capturer ces deux Free. Deux parias. Deux déchets. Ils ne valent rien, je le sais très bien, on me l’a dit. Ce que disent les agents est toujours vrai.

« Dandelion. »

Je frémis. Rien qu’en entendant mon nom, je sais ce qu’il me reste à faire. Je m’approche des deux compères qui glapissent d’effroi. Je sens la peur. Je sens le sang. Ce sont mes proies. C’est à moi de finir le travail. Je me change en ours sous leurs yeux effarés des Frees. Je ne suis pas désolé, car c’est la règle. Les faibles meurent. Je ne l’ai pas inventé, je le vis tous les jours. Je fais juste ce qui est bon, ce qui est juste. Je fais simplement mon travail. Il n’y a pas de honte à avoir, pas de peur, pas de colère, simplement les ordres à accomplir. Ce ne sont que deux vies misérables, minables, pathétiques, et en les volant, je rends service à la population, au monde. Ils n’avaient qu’à être soumis. Ils n’avaient qu’à pas fuir leur maître, ils n’avaient qu’à se plier aux exigences du système. Tout ce qui arrive est de leur faute, et moi, je n’y suis rien. Mes crocs s’enfoncent dans leur chair et leurs gémissements suraigus faiblissent au fil de mes morsures. Encore. Je croque, les os se brisent sous mes dents. Encore. La chair se détache du corps, le sang tache ma fourrure éclatante. Encore ! Tout se finit dans la douleur. Je ne fais que mon travail.

16 ans

Mon cœur bat à une vitesse indescriptible. Le sol de la forêt s’affaisse sous mes pattes puissantes. Dans cette course folle, je fais fi de tout. Il n’y a qu’une seule odeur à suivre. Leurs pas résonnent au loin. Dandelion, crie un des agents, et je crie avec lui : mon grognement s’élève entre les arbres et fait frémir les feuillages. La chasse est…. Excitante. Entrainante. Enivrante. Elle fait appel à mes instincts les plus primaux. Je sens tout cela couler dans mes veines, une décharge d’adrénaline intense qui me picote du bout du museau jusqu’à la pointe de mes griffes. Ils sont rapides, mais ils se fatiguent vite, et rapidement, nous gagnons du terrain. Les autres animaux de la brigade courent avec moi ; nous finissons par les encercler. Mes. Proies. A moi. Personne ne me les volera. C’est à moi que reviendra le mérite et les félicitations. A moi que reviendra la gratitude et la fierté. Rien qu’à moi. La course se termine, les rebelles que nous poursuivons sentent que la fin est proche. Alors que nous nous apprêtons à les immobiliser, je donne un violent coup de patte à mon acolyte. Mes. Proies. A moi. Tout se termine dans un concert de grognements, de hurlements, de crocs, de griffes et de douleur.

17 ans

C’est la première fois qu’on me touche comme ça. Les mains glissent, traînantes, paresseuses sur mon torse. Ce n‘est pas douloureux mais très désagréable. J’ai l’impression d’être sali, souillé, comme si les doigts laissaient des traînées de mélasse sur ma peau blanche. Je serre les dents, je sens un grondement remonter dans ma gorge alors que les mains descendent le long de mon ventre en suivant la forme de mes muscles. L’humain tique, ses doigts me pincent pour me donner un avertissement. C’est un des agents de surveillance animalière. J’étais en train de me changer dans les vestiaires après une douche et il m’a rejoint alors que j’enfilais mon tee-shirt. Son regard est étrange, lubrique, ses caresses me font frémir d’horreur. Je frissonne, mon corps tout entier se met à trembler. Non. Je ne veux pas de ça. Mais les humains sont tout-puissants. Les humains ont tous les droits. Je ne peux pas lui dire non. Ce serait désobéir, et la désobéissance est toujours punie. Je vois son sourire alors que ses caresses se font plus audacieuses.

« Bien. Tu es un gentil garçon, Dandelion. »

Je hoche doucement la tête. Oui. Dandelion est un gentil garçon.

19 ans

Mes pas sont lourds et puissants. Les siens sont légers et agiles. Le tigre court à une vitesse considérable et je peine à le rattraper. On distance rapidement les agents derrière, je sens mon souffle s’accélérer, ma poitrine me brûler. Il est trop rapide. Pourtant, un des autres animaux de la brigade l’a blessé à la patte et dans cette course folle, sa plaie laisse une traînée de sang derrière lui. Je peux le suivre rien qu’à l’odeur. Le parfum métallique se répand dans le sous-bois. Je le vois traîner de plus en plus sérieusement la patte. Il ralentit. Je ne lâcherai rien. Je sens l’épuisement tirailler mes muscles, mais l’adrénaline de la chasse me permet d’oublier la douleur. Il semble deviner ma détermination, car il finit par s’arrêter et se tourner vers moi. La fatigue pèse lourdement sur nos corps musculeux ; nos halètements emplissent le silence pesant de la forêt. Son regard me transperce de part en part. Un trait sombre tranche un iris lumineux. Il remonte soudainement les babines et me montre les dents : ses canines s’allongent sur quelques centimètres et se terminent en pointes acérées.

Je me fais la réflexion qu’il est étonnamment gros. Je suis d’un gabarit conséquent et cela m’arrive peu souvent de trouver un ennemi de ma taille. Celui-là est énorme. Sa queue s’agite doucement comme une vague hypnotisante, ses mouvements félins font rouler les muscles sous sa peau et il se met à tourner autour de moi. J’ai soudain la désagréable impression que les rôles s’inversent. Je me dresse sur mes deux pattes arrière pour l’intimider, mais celui-là ne se laisse pas effrayer comme la plupart des rebelles. Il rugit, feule, et d’un coup, me saute dessus. L’impact de son corps contre le mien éjecte l’air de mes poumons. En moins d’une seconde, je suffoque. Nous roulons sur le sol de la forêt et je me défends avec véhémence. Les coups fusent, les griffures, les morsures sont indéniablement abrégées par l’autre qui réplique.

Soudain, sa patte fend l’air et ses griffes creusent un profond sillon au niveau de mon œil gauche. Je me mets à hurler. La douleur m’électrise tout entier, mon champ de vision est soudainement réduit de moitié. Tout semble tourner autour. Mon cœur bat si fort que je n’entends plus rien d’autre. Je me jette à nouveau sur lui. Quoi qu’il arrive, je ne veux pas devenir le faible.

***

Il est derrière les barreaux de la cage, sous sa forme humaine. Les ASA n’ont même pas pris la peine de lui donner des vêtements, probablement pour l’humilier un peu plus, mais le rebelle ne semble pas en tenir compte. Assis contre le mur, il me regarde. Ces yeux-là sont clairs, d’un vert tirant sur une couleur ambrée. Je croise les bras contre ma poitrine en redressant le menton. Un bandage couvre la partie gauche de mon visage et quelques taches écarlates commencent déjà à s’étendre à travers le pansement. Il me fixe en riant.

« Alors, nounours, ça te plaît de jouer les esclaves ? »

Je ne réponds pas. Je ne joue pas. Je fais simplement ce qui est bon. Ce pour quoi j’ai été élevé et dressé.

« Tu sais parler, au moins ? Ou alors ils ne t’ont appris qu’à mordre et faire le beau ?
- Je sais parler, Je réponds en grognant.
- Alors réponds-moi. Ça t’amuse, d’être traité comme un objet ? »

Encore une fois, je ne réponds pas. Je garde les lèvres pincées. Il me provoque, je le sais très bien. Je ne suis pas stupide. Mais je sais que ce que je fais est bon. Je ne suis pas traité comme un objet. Je suis logé et nourri. On ne me bat pas si je fais bien mon travail. Et puis, c’est comme ça que le monde fonctionne. Les humains au-dessus des animaux. Ça fait des années que je le sais.

« Tu n’as pas envie d’être libre ? »

Libre ? Le mot me semble soudain n’être qu’une idée abstraite, imaginaire. Je n’arrive pas à trouver une définition à ce mot. Liberté. Je crois savoir que ce n’est pas une chose pour les animaux. Si être traqué et chassé c’est la liberté, autant ne pas être libre. Il semble lire sur mon visage un semblant de confusion et de mépris. Il secoue doucement la tête en souriant.

« Alors ils t’ont complètement lavé le cerveau… Si tu savais ce qu’était la liberté, tu ne…
- Je sais ce qu’est la liberté, Je le coupe d’un coup. Et pourtant c’est moi qui est de ce côté des barreaux. Garde tes bêtises de paria illuminé pour toi, ça ne m’intéresse pas. »

Et dans la cellule étriquée et froide, seul son rire résonne encore malgré mes grognements.

***

Je retourne voir le tigre régulièrement. Il se moque de moi, de ma docilité et de ma fidélité aux agents. Son rire rauque se répercute sur les murs de son étroite cellule et j’ai beau lui rappeler qui est derrière les barreaux, il ne fait que ricaner plus fort. Il me parle de l’extérieur, de la forêt et de la montagne. Je lui répète plusieurs fois que je n’en ai rien à faire, je lui demande de se taire, je le menace, mais il persiste. Je finis par le laisser parler, sans vraiment l’écouter. Il me parle de ses amis et de la liberté. Il évoque le vent, le soleil, la pluie. Les fuites, les combats, les joies, les pleurs. Il me conte ses aventures et se vante du nombre de fois auxquelles il a échappé à l’A.S.A. Il ponctue ses phrases de longs soupirs. Des fois, quand j’arrive dans la pièce pour le surveiller, son corps est couvert de bleus et de plaies. Il parle un peu moins et sa voix devient chevrotante sous l’assaut de la douleur. Je me contente de rester assis près de la cellule à monter la garde jusqu’à ce qu’on m’appelle pour n’importe quelle raison.

Un jour, alors que j’arrive pour remplacer un collègue à la fin de son tour de garde, je vois que le tigre a le visage tuméfié. Ils n’y sont pas allés de main morte. Une énorme ecchymose marque la partie inférieure de sa mâchoire de teintes violacées. Il semble avoir du mal à parler. Un filet de bave coule le long de son menton. Son œil gauche est légèrement fermé à cause de sa joue enflée. Je le regarde avec indifférence et il marmonne une salutation à mon adresse ; salutation à laquelle je ne réponds pas. Je ne lui réponds jamais. Je ne parle pas aux parias. Aujourd’hui, pourtant, j’ouvre la bouche pour m’adresser à lui.

« Tu vas mourir, Je lui dis calmement. Ils vont te tuer.
- Je sais, Répond-il presque inintelligiblement.
- C’est à mon tour de rire on dirait. »

Il me regarde sans répondre. Malgré mes paroles, mon visage reste de marbre et aucun sourire ne vient déformer mes lèvres.

« Tu as l’air triste, Il me dit, avant de se mettre à rire. Il s’arrête rapidement car ses soubresauts le font grimacer de douleur. Tu t’es attaché à moi ? Monsieur le nounours borgne. »

Je continue de le fixer sans sourciller et son visage se fait plus grave. Il semble avoir compris puisque que plus aucun sourire ne vient illuminer son regard. Il cherche dans mes yeux un morceau de réponse mais je le lui donne aussitôt, d’une voix toujours aussi indifférente.

« C’est moi qui vais t’exécuter. »

20 ans

Dandelion, tu crois que ta chance est de ne pas avoir à penser. On te dit quoi faire et quand le faire, tu n’as pas besoin de réfléchir.

La nuit commence à tomber et la fraîcheur humide mouille mon pelage éclatant. Dans la pénombre naissante, je vois briller les yeux des deux autres pets qui m’accompagnent. Une odeur de peur place au-dessus de nous ; nous approchons de la piste. Un groupe de rebelles que nous traquons depuis plusieurs jours déjà. A en juger par les traces de pattes que nous voyons au sol, il y a des enfants parmi eux. Dans mon crâne j’entends résonner les paroles du tigre. Son exécution remonte à plusieurs semaines mais sa voix continue de me hanter. Je me discipline en tentant de me concentrer sur la mission. Les mots des parias sont des mensonges et du poison. Ce ne sont que des animaux sauvages, des moins que rien qui ne sont pas à même de penser. Ce sont des bêtes idiotes et sans conscience, bonnes à être éliminer. Je me récite mes leçons dans ma tête tandis que je renifle le sol en suivant les odeurs.

Tu n’es pas si idiot que ça, n’est-ce pas ?

J‘ai encore du mal à me faire à mon champ de vision réduit. Je nourrissais le fol espoir de récupérer mon œil mais il s’avère que la blessure est trop profonde et que je resterai aveugle à jamais. Cette idée-là me met en colère et attise d’autant plus ma haine pour les rebelles. Car je les hais. Il me semble. Mes collègues pets se mettent soudain à grogner. Un craquement de brindille. Ils sont là, tout proche. Ils se cachent parmi les buissons et les feuillages. Ils ne se cacheront pas très longtemps. D’un coup de pattes, je brise la cachette de branches et de verdure. Ils sont recroquevillés l’un contre l’autre et me semblent encore plus petits qu’ils ne le sont en réalité. Deux lynx, un gros et un plus petit – probablement son enfant.

N’oublie pas qui tu es. Tu es un animal. Comme moi.


La meute se met à paniquer et le désespoir les pousse à attaquer. Ils n’ont plus rien à perdre. Mourir ou se battre. La nuit fait résonner encore plus fort leurs hurlements. Je hurle avec eux. Je me souviens de cette nuit. La nuit où tout a commencé. Je me souviens de la nature que me contait notre prisonnier. Je me souviens de la liberté. Et puis. Je me souviens de mon père. Alors que mon collègue s’apprête à croquer un rebelle qui se débat comme un diable, je l’envoie valser quelques mètres plus loin d’un puissant coup de pattes. Tout le monde se fige et je pousse un grognement guttural qui s’élève au-dessus de la cime des arbres. Tout disparaît dans cette nuit qui engloutit tout. Avant que mon partenaire ne se relève, je lui écrase le crâne contre le sol et sa nuque se brise. Mon second collègue se jette sur moi mais je le repousse net. La force brute reste le meilleur des alliés pour les animaux. La force brute et cet instinct de sauvagerie puissant, inébranlable, que les humains s’appliquent à étouffer à force de dressage et de punitions.

Tu vas les laisser te traiter comme ça encore longtemps ?


La troupe des A.S.A. arrive et dans les ténèbres épaisses de la nuit, ils ne semblent pas comprendre ce qui vient de se passer. Ils ont l’avantage du nombre, mais l’avantage du nombre n’est pas grand-chose à mes yeux. Je me fais la réflexion que les humains sont bien fragiles. Le constat m’étonne. Je les avais toujours pensé invincibles, surpuissant, et entre mes pattes ils me semblent soudain inoffensifs. Ils mettent un certain temps à retourner leurs armes contre moi. Ils crient mon nom mais je n’y réponds pas. Je n’y répondrai plus jamais. Je comprends soudainement ce sentiment vibrant qui exhale dans ma poitrine et les mots du tigre que j’ai écouté pendant de se nombreux jours s’écoulent dans mes veines pour me donner la force de faire ce que je n’avais jamais osé faire.

N’oublie pas, Dandelion. Dans le combat de l’ours contre l’humain, c’est l’ours qui gagne.

L’odeur de sang a remplacé celle de la peur. Les quelques rebelles qui sont restés en retrait me regardent avec des yeux ronds ; certains grognent et montrent les dents mais aucun ne m’attaque. Je reste immobile au milieu de ces corps gisant sur le sol. Je me sens étrange. Il y a de la colère et de la peur, de l’excitation, de la joie, du soulagement, de la haine.

Sois libre.


PseudoAwful Âge20 ans SexeBlanquette de veau Comment as-tu connu le forum ?Troisième compte ici ! Impression sur le forumSaucisse-purée AvatarMotochika Chosokabe de Sengoku Basara Code du règlementJ'aimerais pouvoir vivre mes rêves Autre chose à nous dire ?Pour la petite histoire : Dandelion signifie 'pissenlit' en anglais. Ça vient en effet du français 'dent-de-lion', un autre nom du pissenlit. Et j'ai choisi ce nom parce que je pensais aux akènes à aigrettes, les pissenlits blancs sur lesquels on souffle, parce que c'est blanc et tout doux... Comme un ours blanc!


FICHE BY PIKIWII
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Date d'inscription : 28/04/2015

~((((((((((っ・ω・)っ
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Korben
Free
Dim 3 Mai - 2:29
FIST !
*halète* Dès que j'ai su que c'était fini, j'ai vu ma vie défilé, la musique épic se mettre en marche dans ma tête et j'ai attrapé la souris plus vite que l'éclair !
Re-bienvenue Winnie ! O/





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Date d'inscription : 30/04/2015

~((((((((((っ・ω・)っ
PET: Ours polaire
MASTER: Libre
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Dandelion
High Class
Dim 3 Mai - 2:33
C'est fait exprès, le fist à la place du first ? /paf
Ton acte est épique et héroïque en tout cas ! Merci à toi, meuh-meuh c:
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Messages : 45
Date d'inscription : 28/04/2015

~((((((((((っ・ω・)っ
PET: Léopon
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Korben
Free
Dim 3 Mai - 2:35
Ouais, c'est pour voir si ma main va ressortir blanche ou noir °u°
Oui, j'arrête le floooood je le jure ! Je veux un rp avec toi mon Winnie !





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Date d'inscription : 30/04/2015

~((((((((((っ・ω・)っ
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TA VIE:

Dandelion
High Class
Dim 3 Mai - 2:41
Moi aussi ! Mais il faudra attendre ma validation c:
Et moi aussi j'arrête de flooder, regarde ce que tu me fais faire, je pollue ma propre fiche
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Messages : 24
Date d'inscription : 27/10/2014

~((((((((((っ・ω・)っ
PET: J'en suis un et alors ça t'dérange p't-être ? (leopard des neiges)
MASTER: Recherche Pet-Sitter (Aku Ryûma)
TA VIE:

Hikaru Reig
Master
Dim 3 Mai - 9:30
Bienvenu Dandelion j'aime beaucoup ta presentation mais il va y avoir un problème. L'ours Polaire est un animal en voit de disparition il ne peut donc se classer que dans les Higts Classe de plus un de nos PNJ a deja cet animal, je pense donc quil va faloir en changer , c'est Astrol qui a le dernier mot bien sur ^^
Sinon j'ai hate de rp avec toi !
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Messages : 45
Date d'inscription : 28/04/2015

~((((((((((っ・ω・)っ
PET: Léopon
MASTER: Les maîtres ne servent à rien !
TA VIE:

Korben
Free
Dim 3 Mai - 17:13
Je ramène mes fesses car je ne trouve pas ça logique. Un animal rare devrait forcément être domestique et non pas sauvage ? En quoi ils seraient plus enchainés que les autres ? Ce n'est donc absolument pas logique si ça marche comme ça.

De plus Amber voulait être un free au départ alors que c'est un High Class, donc vous êtes encore plus illogique vu que ça ne semblait pas déranger le staff alors que maintenant, pour un autre membre ce n'est pas autorisé.






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